dimanche 8 novembre 2009
Vivre ou survivre
"On peut survivre longtemps sans amour, mais combien de temps peut-on vivre sans amour ?"
samedi 7 novembre 2009
Réapparition
Au détour d'une conversation, sans crier gare, le nom de la musicienne est apparu. L'espace d'une seconde le temps s'est arrêté. Il s'est figé. Ce n'était qu'une simple remarque lancée au milieu d'un repas. Pourtant, cela l'a fait vaciller. Dans un éclair, le visage de la jeune femme s'est réimprimé dans son esprit. De l'extérieur, il a à peine réagi, se contentant d'enchaîner par une question anodine. Histoire de faire diversion et d'éviter un potentiel interrogatoire. C'est réussi. La discussion s'oriente dans une autre direction alors que lui laisse ses pensées s'attarder sur elle. Avec le temps, il a appris à accepter qu'entre elle et lui il n'y aurait rien de plus. Cependant, il doit aussi s'avouer que ses concerts lui manquent. C'était toujours un événement à ses yeux, un motif de se réjouir. Depuis plusieurs mois, il s'est refusé ce plaisir par peur de se faire mal. A présent, il estime être suffisamment détaché pour reprendre sa place de spectateur. Blanc mensonge. Ce n'est pas un retour en arrière, mais une évolution. Il consulte son programme. Elle joue bientôt. Instantanément, il se dit que celui lui plairait. A lui. Il ne voudrait pas la déranger. Il ira surtout pour sa musique. Il ne fera pas long après le concert. Peut-être ne devrait-il même pas lui parler. A voir. A décider. Plus tard. Peut-être.
samedi 31 octobre 2009
Point de bascule
Ce titre flotte dans sa tête depuis un moment. Il sent qu'il est exactement à cet endroit fatidique où la moindre action, le moindre geste peut le faire tomber du bon ou du mauvais côté. Un dénouement positif semble en vue, mais pour que le mirage se transforme en réalité, il doit chaque fois fournir le petit plus, l'effort supplémentaire pour que cela marche. Cela est bien abstrait car un rien, n'importe quoi pourrait changer son quotidien. Cela pourrait venir d'une nouvelle exposition, d'une nouvelle série d'images, de la nouvelle vidéo qu'il est en train de monter, du nouveau concours auquel il a pris part, d'une nouvelle rencontre. Oui, le salut viendra de la nouveauté, de la capacité à se réinventer et à se dessiner des lendemains qui offrent enfin des promesses.
mardi 20 octobre 2009
Ne pas regarder en arrière
Invitation surprise. Que fait-il lundi ? Il regarde brièvement son triste agenda. Rien. Oui, alors avec plaisir. Ah, la première fondue de l'hiver. Déjà. Merci. Avec plaisir. A bientôt.
Cela ne se refuse pas. Même s'il aurait pu. Le voilà attablé devant une fondue avec deux femmes à ses côtés. Deux anciennes collègues qui ont maintenu le même cap. Lui était parti depuis bien longtemps. L'aviation semble faire partie d'une autre vie. Elles sont toujours de ce monde décalé fait de procédures, de stress et peuplé de passagers impatients et mécontents. Si tu voyais comme la compagnie a changé en cinq ans. De loin, tout lui paraît figé. Et l'inévitable question. Et toi ? Non, cela ne lui manque pas.
Et sur le tapis, ce petit chien qui s'acharne sur la lanière de son sac. Sale bête. Il est le seul a avoir perçu les ondes négatives qu'il disperse dans la pièce. Il s'ennuie en écoutant les récits d'un autre monde, d'un temps passé.
Il saisit sa veste et l'enfile un peu vite. Trop. Ont-elles perçu l'impatience dans ce geste ? Il doit prendre le dernier train. Merci pour tout. Tout quoi ? Après tout, c'était une agréable césure dans son morne quotidien. A l'extérieur, l'hiver encore jeune traverse sournoisement ses habits. Il force le pas. Autant pour se réchauffer que pour se rassurer. Le train n'est pas encore arrivé. Une jeune femme court dans la direction opposée. Puis revient. Elle pose son fardeau. Un grand étui. Il arrive sur ce quai ? Oui, c'est la bonne direction. Il arrive dans deux minutes.
Il force un demi sourire. Ce doit être un violoncelle. On dirait qu'il est dans un sarcophage. Il jette un regard dans sa direction. La musique rend-elle les musiciennes encore plus belles que les autres ? Trois lueurs ponctuent l'horizon. Pas trop tôt. Il s'est fait désiré. Elle monte dans le train. Lui juste après elle en détournant le regard. Non, il ne va pas aborder toutes les musiciennes qu'il croise. Il n'a pas la tête à cela. Et il n'a pas complètement oublié l'autre musicienne. Il s'assied plus loin dans le wagon. Il sort un livre et s'y enferme. Ce soir, cette nuit, il ne parlera à plus personne. Il n'aspire qu'à se perdre dans ce récit de voyage. Tromper l'ennui. Puis se laisser happer par cette histoire.
Un homme est parti. Presque au hasard. Un jour, quelque part, on lui a tout volé. Surtout ses notes de voyage. En perdant tout, il s'est retrouvé.
Il lève les yeux. Il est arrivé. Il abaisse son bouclier et part à l'assaut des quelques minutes à pieds qui le séparent de chez lui. Il ne parvient toujours pas à marcher lentement.
Où est l'urgence ?
C'est lui, toujours impatient. Même si le lendemain ne lui a rien promis.
jeudi 15 octobre 2009
Décalage
Il est rentré de voyage. Il y a deux semaines. Peut-être trois. Il ne sait plus. Il se sent perpétuellement en décalage depuis son retour. Depuis toujours. Souvent, il a emprunté les chemins de traverse. Les sentiers balisés ont été tracés pour les autres. Sans cesse, il a brouillé les pistes. Il a embrassé l'incertitude et l'a érigée en art de vivre. Mais pourquoi ? Fierté sourde et solitaire. C'est ancré en lui. Il cultive cette hantise de devenir comme tout le monde, d'être classé, catalogué et étiqueté.
Et qu'a-t-il gagné dans cette inconsciente quête ?
Il est devenu un évadé du bon sens et de la logique. Aujourd'hui, il doit admettre qu'il s'est perdu. Il est temps de redresser sa trajectoire de vie.
mardi 8 septembre 2009
Jours étranges
Jours étranges où plus rien n'est tout à fait comme avant, comme d'habitude. Il y a une semaine, il est arrivé au terme de son contrat. Il ne reviendra pas. Libre. Faible joie. Il est surtout soulagé. Un fardeau en moins, des options en plus. Est-ce le moment d'être rêveur ou réaliste ? Tout peut arriver. S'il le veut, s'il se rend disponible, s'il s'ouvre au monde, à l'inconnue. Un voyage. Deux semaines. Une lointaine tante se marie. Elle a besoin d'un photographe. Il aura un peu de travail, de voyage et de vacances. Il a hésité à partir car il a du travail à trouver. Il doit remettre de l'ordre chez lui. Il doit se retrouver. Peut-il le faire ailleurs ? Il fait sa valise. Arrivera-t-il à laisser ses soucis derrière lui ? Pas sûr. Il sait qu'il emportera aussi quelques pensées clandestines dans ses bagages. Peu importe. En ce moment, il a de l'espace dans sa vie, son coeur et sa tête. Il ne tient qu'à lui de faire le plein.
mercredi 26 août 2009
Inachevé
Il se distrait comme il peut. Il se plonge dans son travail, il rencontre des amis qu'il n'a pas vu depuis longtemps, il va au cinéma. Il tente de ne pas trop penser à elle, mais c'est peine perdue. Il sait qu'il ne pourra jamais l'oublier et qu'il ne pourra pas se débarrasser de ce goût d'inachevé. L'histoire s'est finie avant qu'elle ne commence vraiment. Le couperet est tombé. Il a l'impression de ne pas avoir eu sa chance. Il n'a pas pu montrer qui il est vraiment, son être intime. Il aurait aimé prendre le temps de discuter avec elle, faire plus ample connaissance. Prendre un café ou deux. Sans se presser. Pour s'apprivoiser. Mais elle en a décidé autrement. Son coeur est resté sourd à ses sollicitations. Elle garde son amour pour quelqu'un autre, mais lui laisse-t-il un peu d'amitié ? Difficile à dire. Il craint d'avoir tout perdu. Non, il n'est pas fâché contre elle. Elle a laissé son coeur parler. La voix de la passion. Il ne souhaite pas l'effacer de sa vie. Il apprécie d'avoir de ses nouvelles. Il se dit qu'un jour, peut-être, il aimerait la revoir en concert. Mais pas tout de suite. Plus rien ne presse.
Back soon
Avertissement : Cette rubrique parle d'un film qui se déroule en Islande, pays où il y a des cailloux et des rochers partout.
En quelques mots : Anna, la quarantaine est la propriétaire pas toujours très heureuse d'une boutique vendant de l'herbe. A la suite d'une virée inattendue dans la campagne Islandaise, elle se retrouve incapable de rentrer à temps pour ouvrir son commerce. A Reykjavik, ses nombreux clients prennent leur mal en patience et s'installent chez elle.
Mon avis : Le film brille par sa finesse et son équilibre. On y trouve un peu de drame, un peu de comédie. Les personnages ne sombrent jamais dans une caricature trop appuyée.
Mais encore ? : (Désolé, je vais aligner les phrases clichés, mais il est tard et je fais ce que je veux sur mon blog.) Après "101 Reykjavik" (je l'ai sûrement écrit faux...) et "Noï Albinoï" (idem...) et pas beaucoup d'autres, c'est toujours avec beaucoup de curiosité que je me plonge dans un film islandais. J'adore les paysages, le caractère un peu artiste des gens et leur langue chuchotante. Je me suis bien amusé, tout en étant touché par Anna.
La scène à ne pas louper : Comme souvent en Islande, le temps est mitigé avec un ciel nuageux et le soleil légèrement voilé. Le vent souffle et la lumière est superbe. Anna, perdue au milieu de nulle part s'accorde un bon pétard. Elle s'assied sur un rocher et une main venant d'on ne sait où lui tend une guitare. Anna tout naturellement se met à jouer. Moment de grâce et de poésie.
Joy Division
Avertissement : Cette rubrique parle d'un film documentaire. Avec de vraies personnes. Et le chanteur meurt à la fin.
En quelques mots : La fiction "Control" c'était bien. Bien beau même, mais un documentaire c'est mieux surtout quand les membres restants de Joy Division participent. Des images d'époque se mélangent à leur témoignage. Plongée dans la courte histoire du groupe.
Mon avis : Eh ben Manchester c'était pas toujours la fête. C'était même carrément glauque, mais tellement photogénique. Je suis loin d'être un fan absolu, mais je me suis laissé emporté sans peine dans l'histoire de la bande à Ian Curtis.
Mais encore ? : Autant le dire d'emblée, j'adore les images d'archives, crades et granuleuses. Là, j'ai été comblé et hypnotisé. Les images de concerts sont sidérantes. Dans une nuée de grains apparaît la silhouette fantomatique de Ian Curtis, ange dément qui danse, gesticule comme s'il était drogué. Il était simplement en transe.
Grâce aux témoignages des différentes personnes au sein du groupe et celles qui gravitaient autour, le réalisateur est parvenu à capter l'ambiance de l'époque et l'alchimie du groupe. L'équilibre entre les différents membres était parfait, mais tellement fragile. L'un d'eux l'avoue qu'avant la mort de Ian Curtis, c'était facile de composer et de jouer, mais après c'est devenu beaucoup plus difficile.
La scène à ne pas louper : Peter Hook, le bassiste raconte qu'il a été le premier averti du suicide de Ian Curtis. Un jour la police l'a appelé pour l'en informer. Sa réaction est pour le moins surréaliste. Il entend la nouvelle, mais ne semble pas la comprendre. Il lui faudra un moment pour réaliser. Et tout à coup l'émotion l'envahit.
mardi 18 août 2009
Reconstruction
Cela fait longtemps qu'il n'a pas été heureux. Terrible constat. Et il est en grande partie responsable de cette situation. Il vit trop dans l'avenir, dans ses rêves, dans l'attente de temps meilleurs. Il en oublie le présent. Il ignore que le bonheur se construit avec des briques de petits plaisirs et que ceux-ci ne sont jamais très loin. Il souhaite faire de la place et se donner du temps. Pour cela, il va quitter son étouffant travail, cette terne besogne qui dévore son énergie, sa motivation et petit à petit sa santé. Après il se tournera à nouveau vers la photographie, l'une des ses passions. Sans passion, il ne vit pas. Il erre dans un monde qui ne lui offre aucune satisfaction.
Et l'amour dans tout cela ? Il arrivera. Tôt ou tard. Naturellement. Comme une évidence. Contrairement à la tête, le coeur ne ment pas.